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Arnaud : Malformation veineuse du membre inférieur gauche
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Voûte plantaire: la ligne pointillée
indique la cicatrice de la 2e intervention chirurgicale et la flèche montre
un peu la malformation veineuse. |
Je m’appelle Arnaud, j’ai 28 ans et suis
atteint d’un angiome veineux du MI gauche partant de l’arrière du genou et
finissant au bout des orteils. Voici mon parcours :
A l’âge de 6/7 ans je ne m’en souviens plus très bien j’ai eu une violente
douleur de la voûte plantaire, je ne pouvais plus marcher. Nous sommes allés
aux urgences et après de nombreux examens les médecins ont conclu à … rien,
juste une formation d’eau dans les tissus spongieux et une fracture de
fatigue de je ne sais plus quel os du pied, résultat 10 jours de plâtre.
Lorsqu’ils ont enlevé le plâtre j’avais encore plus mal au pied mais plus
dans la zone initiale « ça passera m’avait-on dit »…
Depuis cet épisode, mes parents faisaient très attention à mes douleurs avec
l’aide de mon généraliste. J’ai passé une scolarité horrible avec des
épisodes douloureux que j’arrivais à cacher je ne sais comment. Mes
résultats aux cours de sport étaient très bas, chaque course à pied
(obligatoire) me déchirait le pied et le mollet. Je commençais mon parcours
d’anti-douleur…
Vers l’âge de 13 ans, les épisodes douloureux se sont calmés et j’ai pu
prendre des cours d’art martiaux (je voulais faire cela depuis très
longtemps) mais très vite de petites douleurs réapparaissaient mais je ne
voulais pas y prêter attention, je me disais que c’était encore de l’eau qui
se formait dans mon pied. J’avais toujours mon anti-douleur à portée de
main.
Un jour, cette douleur a été plus intense et j’en ai parlé à mon
généraliste, elle m’a donné une crème (et de nouveaux anti-douleur) pour la
circulation lymphatique et l’évacuation de cette eau mais le massage me
faisait pleurer de douleur j’ai donc arrêté sans rien dire à personne ! bah
oui je suis du genre timide et gardant tout pour moi, c’est pas la meilleure
solution mais j’en avais assez de m’entendre dire « tu es douillet ».
Entre 8 et 20 ans les douleurs étaient là mais restaient passagères donc je
laissais passer. Je prenais mon anti-douleur tout seul et suivant mes
besoins. (ça naît comme ça l’auto médication) !
Un matin vers l’âge de 21 ans je me suis levé et j’ai senti comme un énorme
poids descendre dans mon pied. Impossible de faire toucher le pied au sol,
je suis resté comme ça pendant 30 min et j’ai réussi à marcher mais je
boitais sérieusement, mon père m’a dit d’arrêter de faire l’idiot !! mais
cette situation se répétait tous les matins et, au bout de 4 jours je ne
pouvais plus marcher du tout le simple contact du sol me faisait hurler.
RDV chez le généraliste (en fait sa remplaçante) qui m’a dit « vous avez
déjà eu une échographie ? » j’ai répondu non donc j’y ai été et la… oupps
que de panique le radiologue m’a dit « je vois quelque chose mais j’ai
besoin d’un doppler », nous voilà partis chez l’angiologue pour faire cet
examen, elle a eu une très grosse réaction de stupeur et m’a fait une
injection (j’ai une peur bleue des aiguilles). Elle m’a expliqué que j’avais
au moins 6 caillots dans le mollet et le pied + des séquelles de thromboses
anciennes et que j’avais une MV très étendue. Il fallait faire un IRM.
L’échographie et le doppler dans la même journée pas mal hein ? durée du
doppler 1 heure !! et c’était douloureux, j’en ai pleuré, à 21 ans ça le
fait pas ;-)
Bas de contention obligatoire.
L’angiologue (Dr Defives-Bourianne, je vous conseille cet angiologue si vous
êtes dans la région de Versailles) m’a demandé pourquoi je n’avais pas
consulté avant donc je lui ai raconté mes épisodes douloureux et les
traitements que j’avais, elle était scandalisée que mon généraliste n’est
pas détecté quelque chose.
Après 15 jours d’injection d’héparine je suis passé aux AVK (anticoagulant).
Arrêt des AVK pendant 6 mois puis retour aux AVK, je fais trop de
thromboses. Mon angiologue m’envoie voir le Dr Enjolras qui essaie des
traitements anti-douleurs car pour elle on ne peut rien faire du tout, c’est
trop étendu et trop compliqué à opérer.
En 2001, pendant une démonstration d’arts martiaux j’ai reçu un coup violent
au mollet (douleur intense), impossible de continuer (j’étais toujours sous
AVK) appel au SAMU car mon mollet avait pris 15 cm de plus de circonférence
le soir même, le médecin régulateur a dit d’attendre le lendemain et de
prendre RDV chez l‘angiologue. Résultat : arrêt 15 jours avec immobilité
totale + bas de contention. Changement des anti-douleur (passage aux
opiacés) avec rdv Dr Enjolras sans résultats elle ne sait plus quoi faire !
et ne comprend pas mes douleurs.
Arrêt de toutes activités sportives sauf la piscine mais comme j’ai un
eczéma je ne peux pas y aller (le regard des gens est trop pesant car ils
pensent à une mycose), c’est pas très beau mais faut faire avec, on ne peut
pas mélanger les traitements.
A force de boiter en 2002 je commençais à avoir mal au dos, deux disques de
légèrement comprimés. Arrêt des AVK.
En 2003 nouvel épisode plus douloureux, je viens de changer d’angiologue
(j’ai déménagé) passage aux anti-inflammatoires avec les anti-douleurs.
Celui-ci m’envoie voir un chirurgien vasculaire qu’il connaît et pourrait
m’aider.
Première visite au Dr Laurian à la fondation Hôpital Saint-Joseph et il veut
bien essayer de m’opérer mais en plusieurs épisodes.
Rdv Dr Enjolras (mes D-dimères crevaient le plafond) essaie traitement
héparine pendant un mois (j’ai toujours aussi peur des aiguilles).
Quelques mois après épisodes douloureux avec thromboses donc re-héparine et
toujours les épisodes d’anti-inflammatoires quand il n’y a pas
d’anti-coagulants. Je n’arrive plus à porter les bas de contention (ça fait
trop mal).
En 2004 je vois mon premier rhumatologue, sur conseil du Dr Enjolras, pour
essayer de gérer les douleurs mais le traitement m’endort (anti-dépresseur à
faible dose à usage d’anti-douleur). Le Dr Enjolras me parle de
cautérisation de certaines veines de la voûte plantaire mais elle n’est pas
très convaincante, c’est une opération risquée (sous AG).
Entre temps je refais des phlébites et re-piqûres d’héparine.
Enfin le 8 février 2004 le Dr Laurian accepte de m’opérer le mollet (le plus
douloureux à ce moment). Ablation d’une grande partie du muscle soléaire +
cautérisation d’une veine sur 15 cm.
J’ai recommencé à marcher sans béquilles le 30 Mars. Arrêt de travail de
deux mois avec de très vives douleurs. Changement des anti-douleur passage à
la codéine (dose assez élevée).
Maintenant que le mollet est opéré et va un peu mieux (car il n’a pas pu
tout enlever) c’est la voûte qui reprend le flambeau en me faisant souffrir.
A ce moment on se dit que ça ne s’arrêtera jamais. Le pied ne peut pas être
laissé dans le vide sinon sensation de gonflement et douleur intense.
Chaque caillou sur la route est un supplice même un fil électrique et je
porte des chaussures, imaginez sans….
Le chirurgien m’explique que c’est un cercle vicieux car lorsqu’une douleur
est apaisée une autre prend sa place et que ce cercle durera tant que toutes
les zones douloureuses n’auront pas été traitées…ça promet !
En mai 2004, je ne prends plus trop d’anti-douleur, seulement par période
mais les douleurs de la voûte se réveillent.
Fin de l’été 2004, je reprends de nouveau de la codéine à dose moyenne car
j’ai mal à la voûte plantaire.
En octobre 2004 opération de la voûte plantaire car je ne peux plus poser le
pied de nouveau. Lors de cette chirurgie on m’a enlevé trois tendons
fléchisseurs et une bonne partie du muscle. Re deux mois d’arrêt et passage
sous morphine en comprimé toutes les 12 h avec paracétamol à forte dose
entre.
Apparition de douleur dans les deux hanches et les genoux.
L’année 2005 se passe avec des douleurs que j’arrive à gérer avec la codéine
mais il y a des pics de douleur qui sont intenables. En août 2005 je fais un
hématome spontané de l’avant-bras droit dans le muscle palmaire, résultat
opération en urgence début août et 34 agrafes !
Examen des hanches résultats arthrose débutante des deux, à force de boiter
+ 2 disques intervertébraux pincés.
RDV médecin interniste pour la gestion des douleurs et essai d’un
anti-épileptique à usage d’anti-douleur le soir, ça aide à s’endormir c’est
déjà bien ;-)
2006 – les douleurs se suivent et se ressemblent, les nuits également. Je ne
sais plus très bien comment gérer, la voûte plantaire refait mal vivement le
RDV du Dr Laurian.
12/07/06 opération de nouveau de la voûte plantaire pour essayer de retirer
encore un peu de la malformation. Le Dr Laurian a fait ce qu’il a pu mais le
reste de la MV de la voûte plantaire est collée aux os donc impossible à
enlever sans risque très élevé d’infection ou de séquelles irréversibles.
J’ai fêté ma deuxième année sous AVK avec juste des coupures d’héparine.
Voilà mon histoire en résumé, je suis assez vague sinon il me faudrait un
livre entier, je peux essayer de répondre à vos questions anti-douleur je
suis devenu expert ;-)
Ce parcours montre la difficulté de gestion au quotidien. J’ai la chance
d’avoir une activité que j’aime et qui me permet de gérer avec mes douleurs
(poste assis et debout).
Arnaud (MV MI gauche sur/dans les muscles et autour des nerfs et des artères
et enfin autour des tendons et des os.)
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