Les corticoïdes sont le traitement de choix des
hémangiomes compliqués. Ce traitement doit se poursuivre jusqu’à ce que
l’hémangiome lui-même n’ait plus la possibilité de progresser, ce qui veut
dire jusqu’à l’âge de 6 à 12 mois. Les corticoïdes vont empêcher
l’hémangiome de progresser mais ne vont pas nécessairement le faire
régresser plus vite. Comme tout traitement, il existe des effets secondaires
à l’ingestion de cortisone, mais tous ces effets s’élimineront avec l’arrêt
du traitement voire même déjà lors de la diminution de la dose.
Pendant les premiers mois du traitement (où la dose est
la plus forte), les enfants peuvent avoir des troubles digestifs
(régurgitations, crampes…). Ceci peut être amélioré par l’ingestion
d’antiacide ou de pansements gastriques que votre pédiatre vous conseillera.
Il faudra parfois mettre l’enfant sous ReglaPH ou tout autre
anti-régurgitant. De plus l’enfant peut préférer dormir en position assise.
Cela réduit les régurgitations. Plusieurs parents utilisent le siège du bébé
pour la maison ou la voiture, qu’ils placent avec précaution dans la
couchette. Certains médecins permettent d’ajouter des céréales de riz au
boire du soir afin de réduire les régurgitations.
Les enfants peuvent aussi être plus énervés et dormir
moins bien. Ceci devrait s’amender lors de la diminution de la dose de
cortisone.
Ils ont souvent des bonnes joues « aspect cushingoïde »,
lequel s’élimine spontanément avec la diminution de la dose.
Ils peuvent aussi grandir moins bien et grossir moins
bien pendant le traitement. Néanmoins, votre enfant aura rattrapé son retard
au cours des 14 mois suivant l’arrêt du traitement. (Dr Boon de Bruxelles, à
qui j’ai demandé ce qu’il en était, me dit qu’elle ne connaît aucun enfant
petit par suite de ce traitement avec leur schéma.)
Les vaccins seront postposés jusqu’à ce que la dose de
cortisone soit réduite à 1mg/kg, car ils risquent de ne pas être efficaces.
Jamais le traitement ne doit être interrompu sans
l’autorisation du médecin. Le sevrage doit se faire graduellement sur une
durée de plusieurs mois. Le schéma le plus efficace avec le moins d’effets
secondaires et ne comportant aucune complication à long terme est le
suivant :
Prednisolone 2 mg/kg/j pendant 1 mois (résultat sur
l’hémangiome visualisé au cours des 2-3 semaines suivantes; si inefficace,
on arrête en quelques jours). Si efficace, on poursuit ainsi :
2e mois — 1,5 mg/kg/j pendant 1 mois
3e mois — 1 mg/kg/j pendant 1 mois
4e mois — 0,5 mg/kg/j pendant 1 mois
5e mois — 0,5 mg/kg/1 jour sur 2 pendant 1
mois
6e mois — arrêt dans la majorité des cas.
Il est préférable de donner la cortisone en une seule
dose le matin pour perturber le moins possible les surrénales. Le plus
facile est souvent de la mélanger avec un peu de lait dans une petite
seringue ou cuillère et de la donner pendant le biberon. Il vaut mieux ne
pas la mélanger au biberon car l’enfant peut ne pas vouloir le boire.
S’il y a eu contact entre l’enfant et une personne
ayant la varicelle, il faut immédiatement en aviser le médecin. Ne tardez
pas. Si vous ne pouvez joindre votre médecin, rendez-vous à la clinique ou à
l’urgence. L’enfant ne doit pas être vacciné contre la varicelle, mais ses
frères et sœurs devraient avoir eu la varicelle ou être immunisés contre le
virus.
Consultez votre médecin avant de mettre en pratique ces
conseils.
Lise Daoust
Merci au Dr Laurence Boon du Centre des anomalies
vasculaires aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, qui a révisé
le contenu scientifique de mon texte original et y a apporté plusieurs
changements et ajouts importants.
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