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4 mois, l'hémangiome au maximum de sa taille

À 6 mois, après traitement

À 7½ mois, l'hémangiome repousse

1 mois après l'injection

Janvier 2005

Février 2005, 1 mois après 2e injection

Janvier 2006

Février 2006
On voit la couleur bleutée et la veine de dérivation à côté de l'oeil

Mars 2006
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Paul : Hémangiome mixte de la joue
L’histoire de Paul, bébé « grosse joue » comme je
l’appelle tendrement. Je suis sa maman et je vais vous raconter comment nous
avons vécu l’apparition de son hémangiome à la joue et surtout la bonne
prise en charge médicale (dont nous nous serions bien passés quand même) que
nous avons vécu.
Paul est né le 16 janvier 2004, un magnifique petit garçon qui allait très
bien. Et puis, alors qu’il avait 3 semaines, il a baillé dans les bras de sa
grand-mère et elle m’a dit qu’il avait une tache rouge dans la joue. Aux
soucis classiques de tous les parents, s’est ajoutée l’inquiétude face à un
problème de santé totalement inconnu pour nous.
J’ai immédiatement pris rendez-vous avec le pédiatre, me disant que si la
tache était à l’extérieur, je penserais qu’il s’agit d’un angiome. Mais les
angiomes, on n’en voit pas sur les muqueuses…
Quand nous avons vu le pédiatre, dès la première observation, elle nous a
dit qu’il s’agissait d’un angiome. Et oui, ça existe sur les muqueuses !
Elle nous a aussi dit qu’elle n’était pas compétente pour un angiome de ce
type à cause de la localisation et de l’évolution possible. Malgré tout,
elle nous a dit qu’il fallait éviter de donner une tétine et qu’il me
faudrait sûrement donner le sein à Paul jusqu’à ce qu’il mange à la
cuillère, pour éviter le biberon. Selon elle, un frottement quelconque sur
l’angiome pourrait provoquer une nécrose, ce qui est très douloureux et ce
qui pourrait empêcher Paul de se nourrir. Et, devant la nécessité de suivre
l’évolution de l’angiome, elle nous a adressés au Pr. Cambazard,
dermatologue pédiatrique, à Saint-Etienne.
8 mars 2004
Paul avait 2 mois quand nous avons rencontré le Pr. Cambazard pour la
première fois. Il a posé le diagnostic très vite : hémangiome dans la joue
avec composante sous cutanée. Il nous a informés sur l’évolution probable, à
savoir que l’hémangiome allait grossir et qu’il faudrait probablement le
traiter avec des corticoïdes pour limiter la progression.Il nous a rassurés,
nous disant que cet hémangiome ne pouvait pas être mieux placé puisque, même
s’il laissait une petite trace, personne n’irait voir dans la joue de Paul
et qu’il n’y avait aucune contre-indication pour le biberon ou la tétine.
Malgré tout, il nous a dit qu’il était incapable de prévoir l’évolution
réelle : quelle taille atteindrait l’hémangiome et en combien de temps.
A ce moment là, l’hémangiome était chaud, légèrement bleuté et gros comme
une pièce d’un euro, sans être saillant. Le Pr. Cambazard nous a indiqué
qu’un traitement aux corticoïdes serait envisagé quand la taille de
l’hémangiome serait importante, le point de repère étant que tout le monde
dans la rue nous demande ce qu’avait Paul. En effet, les corticoïdes ne sont
pas anodins et ne sont pas à envisager pour un simple problème esthétique
(effets secondaires possibles : rétention d’eau, prise de poids,
augmentation de l’appétit, parfois quelques troubles de la croissance mais
surtout troubles du sommeil)…
L’intérêt de la prise en charge précoce est d’éviter la chirurgie
réparatrice. Lors de la croissance de l’hémangiome, les tissus se distendent
et risquent d’être trop distendus lors de la régression pour avoir une joue
« normale » après disparition totale de la lésion.
Il nous a demandé de faire faire une échographie de l’hémangiome afin de
poser le diagnostic de façon certaine. Rendez-vous fut pris pour la mi-mai.
Nous avons donc laissé le temps au temps, comme on dit. Puis début avril,
l’évolution de l’hémangiome nous a paru vraiment trop importante et nous
avons décidé de reprendre rendez-vous avec le Pr. Cambazard. La secrétaire,
lors de mon appel téléphonique, m’a dit que j’avais eu rendez-vous quelques
semaines plus tôt et que peut-être il fallait encore attendre. Devant mon
insistance, elle a finalement accepté de me donner un rendez-vous pour la
fin du mois.
28 avril 2004
Quand nous sommes arrivés dans le cabinet du Pr. Cambazard, c’est tout juste
s’il ne nous a pas demandé pourquoi nous avions attendu aussi longtemps pour
revenir. L’hémangiome de Paul lui déformait totalement la joue, il avait
atteint la taille d’un œuf de poule. La couleur bleutée s’était accentuée
pour virer au violet et à quelques endroits on voyait des marques rouges,
coloration typique de l’hémangiome.
Paul a donc été mis sous traitement de cortisone oral, à petites doses pour
commencer. Cette dose a été donnée par acquit de conscience, pour ne pas
donner un traitement plus fort s’il n’était pas nécessaire. Nous devions
donner ce traitement 20 jours et suivre l’évolution de l’hémangiome.
Au bout de 15 jours, l’hémangiome devait avoir réduit d’au moins moitié
sinon, on passait à un traitement plus fort.
Au bout de 15 jours, le seul changement notable était que sa petite joue
n’était plus chaude et que l’hémangiome avait cessé de croître, quant à
diminuer, c’était autre chose. Malgré tout, nous n’avions noté aucun des
effets secondaires annoncés.
Nous avons donc pris rendez-vous avec le pédiatre qui suivait Paul, elle
était en contact avec le dermato-pédiatre et était au courant du changement
de traitement nécessaire. Nous avons commencé le traitement au Célesten (150
gouttes/jour) le 13 mai.
L’effet du corticoïde a été visible dès la première prise : l’angiome
diminuait à vue d’œil, nous étions capables de suivre l’évolution au jour le
jour. Quelle joie !
Les effets secondaires du corticoïde ont été visibles après quelques jours
de traitement seulement : Paul a perdu le sommeil et nous avec. Il a passé
15 jours à hurler son mal-être. Je crois que ce fut la période la plus
difficile jusqu’à maintenant.
18 mai 2004
Jour de l’échographie. Le diagnostic est bien confirmé : il s’agit d’un
hémangiome qui disparaîtra progressivement. L’échographiste nous a demandé
quel traitement suivait Paul et nous a demandé si les effets secondaires
n’étaient pas trop importants. Devant notre réponse, à savoir que Paul ne
dormait plus depuis plusieurs jours, il nous a demandé de venir lors de la
prochaine commission pluridisciplinaire des angiomes à l’hôpital Debrousse
de Lyon (69-France). Mais il nous a aussi dit qu’il fallait continuer le
traitement commencé. Rendez-vous était donc pris pour début juin.
Nous avons continué le traitement à la cortisone en diminuant de 30 gouttes
tous les 10 jours et au fur et à mesure de la diminution les effets
secondaires ont diminué. Paul a refait ses nuits au bout d’un mois.
8 juin 2004
Rendez-vous avec la commission pluridisciplinaire. A cette occasion, nous
avons appris que le traitement à la cortisone oral, même s’il était très
efficace, présentait un risque de rechute de 70%. Et que lorsque
l’hémangiome repousserait, on envisagerait une injection de cortisone dans
la lésion. Ce traitement, contrairement au traitement oral, ne présente
aucun effet secondaire mais se fait sous anesthésie générale. En effet,
comment injecter avec précision un produit quelconque dans la joue d’un bébé
de quelques mois ? Et là, le risque de rechute est de 20%. Le chirurgien qui
se proposait de faire cette injection, Dr James-Pangaud, nous a alors dit
qu’en cas de rechute, il faudrait prendre contact directement avec elle pour
pratiquer l’intervention.
Début juillet, le traitement oral arrivait à sa fin et l’hémangiome de Paul
avait totalement régressé. Il ne restait plus qu’une légère ombre bleue sur
la joue et quelques petits traits rouges, petits vaisseaux sanguins très
fins. Mais, comme prévu, l’hémangiome a repris sa progression et courant
août, la question tant entendue est revenue : « qu’est-ce qu’il a à la joue
? »
Nous avons donc pris rendez-vous avec le Dr James-Pangaud, pour savoir s’il
fallait envisager l’injection dont elle nous avait parlé.
27 août 2004
Cabinet du Dr James-Pangaud, clinique du Val d’Ouest à Ecully (69).Après une
observation rapide de Paul et de sa joue, le Dr James-Pangaud confirme qu’il
faut pratiquer l’injection car Paul est encore petit (7 mois et demi) et que
l’hémangiome est encore en phase d’évolution importante. Ce traitement
permettra très certainement d’éviter d’avoir recours à la chirurgie. Nous
prenons donc rendez-vous pour le 16 septembre pour l’injection.
Il faut consulter l’anesthésiste pour programmer les examens nécessaires au
bon déroulement de l’intervention.
Premier choc qui nous projette dans le réel : il faut faire une prise de
sang à Paul. Il s’agit du premier acte médical réel et invasif. Voir notre
petit bonhomme avec une aiguille dans le bras n’est pas forcément une partie
de plaisir…
12 septembre 2004, petit souci supplémentaire, Paul fait une rhinite
dentaire, la première. Avec fièvre et nez bouché, du coup on ne sait pas si
l’injection pourra se faire. Seul l’anesthésiste pourra décider, le jour J,
selon son état…
16 septembre 2004
Arrivée à la clinique à 7h30, avec Paul à jeun. Lui qui ne supporte pas de
se réveiller et d’attendre plus d’une minute que je lui donne le sein, ce
jour-là il nous épate : réveil, trajet et attente jusqu’à 8h30 sans aucune
plainte. La rhinite va mieux et l’intervention peut être pratiquée. Tout le
monde est merveilleux dans ce service, du chirurgien aux infirmières. Paul
est vraiment pris en charge selon son âge. Selon le protocole, il lui faut
un bracelet avec son nom pour descendre au bloc opératoire, mais il ne
descend pas tout seul, Doudou va avec lui et Doudou a besoin d’une étiquette
aussi pour revenir avec lui. Ce petit plus sert surtout à rassurer les
parents (à 8 mois pile, Bon anniversaire ! Paul ne comprend pas vraiment ce
qui lui arrive) mais c’est très appréciable. Paul est pris en charge par le
service médical à 8h30 et nous revient, frais, dispo et souriant, à 9h30.
Quel soulagement ! Nous le savions déjà, mais c’est un amour !
20 octobre 2004
Visite de contrôle un mois après l’injection, l’hémangiome a diminué d’un
bon tiers. Et nous n’avons eu aucun effet secondaire dû à l’injection. Paul
se porte très bien.
Nous continuons de surveiller l’hémangiome et peut être faudra-t-il
envisager une seconde injection, mais là encore il n’est pas possible de
savoir avec précision. Les hémangiomes régressent normalement à partir d’un
an, et l’injection est efficace 2 à 3 mois. Il aura alors un tout petit peu
moins d’un an quand le traitement ne fera plus effet.
La médecine n’étant pas une science exacte, il nous reste à attendre et à
envisager les solutions au fur et à mesure.
La bonne prise en charge, rapide et par des médecins à la pointe dans leur
domaine, a permis que les choses se déroulent le mieux possible à la fois
pour Paul et pour nous-mêmes.
Je tiens ici à les remercier car c’est grâce à leur disponibilité et à leur
savoir que nous avons pu aborder les problèmes les uns après les autres,
tout en étant régulièrement rassurés par des professionnels très
accessibles.
La médecine n'étant pas une science exacte, il nous reste à attendre et à
envisager les solutions au fur et à mesure.
Le temps passe. Paul grandit et tout va bien.
Noël 2004
Les fêtes de fin d'année arrivent et nous allons rejoindre la famille.
Premier sapin pour Paul et première désillusion pour Papa et Maman. Tout le
monde nous dit que la joue a regrossi…
Nous avons rendez-vous le 17 janvier avec le chirurgien pour une visite de
contrôle, alors on attend…
16 janvier 2005
Bon anniversaire, petit trésor. Tu grandis, tu nous enchantes, mais ta
petite joue grossit aussi et ça c'est moins merveilleux.
17 janvier 2005
Rendez-vous avec le Dr James-pangaud. Elle nous confirme que la joue grossit
et qu'il faut pratiquer une nouvelle injection, toujours dans l'optique
d'éviter une intervention chirurgicale lourde. Nous voici donc repartis dans
la spirale des consultations diverses et variées.
Re-visite chez l'anesthésiste, sans prise de sang car la précédente est
récente.
10 février 2005
Nous voici de retour dans le service. On connaît le personnel, les lieux et
nous sommes beaucoup plus rassurés. Tout le monde est aussi merveilleux que
la première fois. Paul et doudou sont reconnus. Nous sommes en terrain connu
et tout semble plus facile à vivre.
Dernier rebondissement : on a l'impression que la joue de Paul a dégonflé
entre la dernière consultation et aujourd'hui. Il faut donc s'assurer que
l'injection est bien nécessaire. Pour ce faire, il faut voir le chirurgien
avant l'entrée au bloc.
Conséquence : maman emmène son petit trésor de Paul devant la porte du bloc,
le chirurgien n'ayant pas pu descendre nous voir dans la chambre.
Verdict : Il faut pratiquer l'injection.
Mais Paul semble beaucoup moins apprécier cette fois-ci. Et l'infirmière en
bleu ne lui dit rien qui vaille. Sûrement des souvenirs de la dernière fois,
enfouis dans un petit coin de sa mémoire, me dit-elle. Et papa qui attend
dans la chambre, donc qui n'est pas là pour soutenir maman… Dur, dur cette
fois-ci, de leur laisser un petit garçon tout mécontent.
Paul est au bloc, papa et maman attendent patiemment qu'on leur ramène leur
petit bout. Nous prenons un café et nous croisons le chirurgien qui nous dit
que tout s'est parfaitement passé, que Paul est en salle de réveil et que
nous pourrons quitter le service quand l'anesthésiste sera venu examiner
notre Paul.
Enfin, une heure et demie après le départ, Paul revient dans le service. Et
le réveil ne ressemble pas du tout à la première fois. Il revient en hurlant
et ne se calme que dans les bras de papa et maman réunis…
Visite de l'anesthésiste dans la chambre : tout s'est bien passé, (on le
savait, mais merci tout de même) et puis, à la prochaine fois. Quoi, comment
ça, la prochaine fois?
Et bien, oui, pour l'exérèse totale de l'hémangiome. Et nous qui croyions
que les injections nous éviteraient cette dernière intervention.
Faisons-nous donc une raison, il faudra pratiquer une dernière intervention
pour enlever le reliquat d'hémangiome quand celui-ci aura vraiment régressé
et qu'il ne restera plus qu'une petite boule de graisse.
Mars 2005
Rendez-vous chez le chirurgien un mois après l'injection pour une visite de
contrôle. Tout va bien même si l'hémangiome a moins bien réagi qu'à la
première injection. Il a tout de même régressé. On se revoit dans 6 mois.
Juin 2005
Le rendez-vous est avancé car Paul s'est cogné la joue dans une porte,
évidemment sa "grosse joue". Et la couleur très foncée de l'hémangiome
persiste, nous sommes donc un peu inquiets. Rien de bien grave finalement,
un hémangiome étant très sanguin, les hématomes localisés dessus sont très
marqués et visibles longtemps.
Suite de la consultation, suivi de l'hémangiome proprement dit. L'hémangiome
est définitivement entré dans la phase Yoyo. C'est à dire qu'il grossit et
qu'il diminue selon ses envies, le temps, la chaleur, l'énervement ou la
fatigue de Paul. Nous sommes donc sur la bonne voie, c'est le début de la
régression spontanée. Le chirurgien nous propose de faire une
échographie-doppler en début d'année prochaine pour avoir une évaluation du
rapport masse sanguine / masse graisseuse dans l'hémangiome. Plus la masse
sanguine est importante, plus les capacités de régression spontanée de
l'hémangiome sont grandes. Si le résultat montre que la masse graisseuse est
importante, on pourra envisager une exérèse.
Entre tous ces résultats espacés, Paul grandit, nous enchante tellement il
est beau. Le mieux c'est qu'il le sait et qu'il en profite pour faire du
charme à tout le monde. Je ne sais pas s'il est déjà conscient de sa
différence physique mais rien ne laisse penser qu'il en souffre.
10 janvier 2006
Echographie-doppler avec le Pr. Guibaud. On arrive dans le cabinet et son
premier geste est de mettre Tom et Jerry pour Paul. Il n'y a pas à dire,
rien ne vaut un service spécialisé. Il nous explique qu'ils ont eu cette
idée grâce à un interne (modeste, en prime…) et que depuis tous les examens
se déroulent très bien car les petits bouts captivés par les images se
laissent faire sans protestation.
Et Paul ne fait pas exception à la règle. Hypnotisé par les jeux du chat et
de la souris, il se laisse faire et l'échographie se déroule dans une
ambiance bon enfant.
Bilan : l'hémangiome est encore très sanguin, très actif. Donc il y a de
grandes chances qu'il régresse encore naturellement. Pour lui, il ne faut
pas envisager d'exérèse pour le moment. Il faut laisser dame Nature faire
son œuvre. Peut-être à l'entrée à l'école, envisager une autre injection
pour faire diminuer l'hémangiome. Etant encore très sanguin, la cortisone
pourra encore faire activer les choses. Et encore, s'il s'agit d'une petite
école où les gens sont ouverts, ce sera peut-être mieux d'éviter une
anesthésie supplémentaire. Selon lui, il ne faut pas compter que
l'hémangiome disparaisse avant les 5 ans de Paul.
Quand, dans les premiers temps, on nous disait qu'à 2 ans tout serait fini,
était-ce pour nous protéger ? Bien sûr, chaque cas est unique, donc il faut
s'adapter…
Nous voici munis de notre compte-rendu, prêts à aller chez le chirurgien.
13 janvier 2006
Paul va vers son chirurgien en courant, preuve qu'il n'est vraiment pas
traumatisé par toutes ses auscultations et qu'il est ouvert aux autres,
notre enfant… Il est merveilleux.
Première impression du chirurgien : l'hémangiome tressaute quand Paul court,
ce qui signifie qu'il est moins tendu et donc en régression. Finie, la phase
yoyo…
A la lecture du compte-rendu de l'échographie-doppler, elle nous dit
exactement la même chose que le Pr. Guibaud, à savoir qu'il est trop tôt
pour envisager une exérèse.
Dernière inspection : elle touche la joue de Paul et confirme que
l'hémangiome est chaud, donc actif.
Ses conseils sont simples : attendre (encore…) et masser la joue avec une
crème hydratante pour que la peau ne se distende pas après résorption totale
de l'hémangiome. Et puis, on verra ce qu'on fait avant la rentrée à l'école,
injection ou exérèse, selon l'évolution de l'hémangiome.
Prochain rendez-vous dans un an.
Paul est né en janvier 2004, il ira donc à l'école en septembre 2007 (trop
jeune pour septembre 2006) alors pas vraiment besoin de se revoir plus
souvent.
D'ici là, il nous reste à manger cette "grosse joue" de bisous, en espérant
que ça fasse fondre l'hémangiome. Il nous faut aider Paul à grandir avec
cette différence et non malgré elle. Qu'il sache que nous l'aimons tel qu'il
est. Sa grosse joue devient parfois un sujet de plaisanterie. A son âge, on
joue et parfois on tombe, alors s'il a un bleu, on se dit que pour un temps,
il est un peu plus décoré…
Est-ce son parcours médical ou une prédisposition naturelle, Paul a un
caractère en or : gentil, doux, attentif, obéissant. Et souvent on me
demande comment nous l'avons fait, avec son papa. Pour en avoir un pareil…
Dans ces moments-là, je me dis que cette "grosse joue" nous parasite, mais
que finalement elle est bien secondaire.
Aux gens qui demandent ce qu'il a, je réponds que c'est une marque de
fabrique, pour le reconnaître s'il se perd. J'ajoute parfois que sinon il
aurait été trop beau, qu'il aurait fait trop d'ombre aux autres enfants.
A ceux qui expriment plus de méchanceté que de curiosité, je réponds que le
bleu de sa joue est la cible où porter les coups, en cas de besoin : un bleu
est moins suspect qu'une collection d'hématomes. S'ils ne comprennent pas
leur indélicatesse, ils sont au moins choqués par la réponse et
réfléchissent peut-être un peu à leur attitude pour le moins gênante.
Le regard des autres peut parfois être pesant mais on arrive à beaucoup de
choses avec un sourire et une explication simple. Le seul souci des gens est
alors de savoir s'il en souffre et si ça partira un jour. Avec le temps,
oui, ça partira.
La bonne prise en charge, rapide et par des médecins à la pointe dans leur
domaine, a permis que les choses se déroulent le mieux possible à la fois
pour Paul et pour nous-mêmes. Que ce soit au moment du diagnostic ou dans le
suivi au cours du temps, ces médecins ont répondu à chaque fois que nous les
avons sollicités, même pour des petits riens.
Je tiens ici à les remercier car c'est grâce à leur disponibilité et à leur
savoir que nous avons pu aborder les problèmes les uns après les autres,
tout en étant régulièrement rassurés par des professionnels très
accessibles. Et que nous continuons aujourd'hui pour Paul.
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